Bienfaits de l'exercice physique: 5 coups gagnants!

Dernière mise à jour 19/08/16 | Article
Des chercheurs américains et australiens ont mené une analyse approfondie de 174 études prospectives consacrées aux éventuels bienfaits d'une activité physique soutenue. Conclusion? La réduction du risque d'être malade s'applique à cinq maladies chroniques majeures.

Chacun sait bien que ce n'est pas en restant dans son canapé toute la journée scotché face à la télévision qu'il parviendra à devenir centenaire, et qu'une certaine activité physique pourrait lui être profitable. On l'a déjà dit maintes fois pour le risque lié aux maladies cardiovasculaires ischémiques (infarctus) ou aux attaques cérébrales, mais il apparaît désormais que le bénéfice s'étend bien au-delà, et qu'il est important.

C'est ce que montre en effet la méta-analyse que publient dans le British Medical Journal des chercheurs américains et australiens, puisqu'ils arrivent à la conclusion que le bénéfice d'une activité physique soutenue s'applique à cinq maladies chroniques majeures: le cancer du sein, le cancer du côlon, l'infarctus, l'attaque cérébrale, et le diabète.

Ils tirent leur conclusion de l'analyse de 174 études durant lesquelles avait été exploré le lien potentiel entre l'une de ces maladies chroniques et un certain exercice physique. Parmi ces 174 études, qui se sont déroulées de 1980 à 2016 et qui parfois touchaient plusieurs maladies, 55 ont concerné le diabète, 43 une maladie cardiaque ischémique, 36 le cancer du sein, 26 une attaque cérébrale, et 19 le cancer du côlon.

Afin de s'assurer de la qualité du matériel utilisé, les chercheurs ont procédé tout d'abord à une sélection drastique parmi les 11 166 citations trouvées dans la littérature médicale correspondant à leur objectif: des études qui soient prospectives (à savoir qui analysent sur une certaine durée les phénomènes affectant la population choisie et évaluent à la fin les différences entre les divers groupes), et qui aient suivi les individus durant au moins cinq ans.

Une unité reconnue

C'est ainsi qu'après avoir éliminé les doublons ou les études qui s'appuyaient sur les mêmes bases de données, ils se sont retrouvés avec ces 174 travaux, qui représentent près de 150 millions de personnes-années de suivi.

Et afin de disposer de chiffres comparables d'une étude à l'autre, les chercheurs se sont ensuite efforcés de ramener toutes les valeurs d'activité à des «équivalents métaboliques» ou MET, une unité universellement utilisée pour traduire l'énergie dépensée lors d'une activité donnée. A titre d'exemple, le saut à la corde correspond à un MET de 10, ce qui signifie que cet exercice provoque une dépense d'énergie 10 fois plus grande que de rester au repos. Autre exemple: 3000 MET minutes/semaine représentent l'effort cumulé qu'il aura fallu dépenser en se livrant chaque jour à 15 minutes d'aspirateur, 10 minutes de montée d'escaliers, 15 minutes de jardinage, 20 minutes de course à pied, et 25 minutes de vélo ou de marche.

Et pour mémoire, l'Organisation Mondiale de la Santé estime qu'un minimum hebdomadaire de 600 MET minutes est nécessaire pour rester en bonne santé, un chiffre toutefois que de nombreux experts estiment être probablement trop faible.

Les auteurs de l'article du BMJ ont justement voulu confronter le chiffre de l'OMS à la réalité clinique, en décidant d'étendre aussi la notion d'activité physique à toutes les activités quotidiennes, et pas seulement aux activités pratiquées durant les loisirs comme cela avait été fait précédemment. La durée et l'intensité de l'effort leur paraissaient en outre dignes d'être prises en compte.

Des gains importants

En confrontant les chiffres d'activité physique et le risque relatif d'être victime de l'une des cinq maladies (comparé à des individus qui ne bougent pas du tout), il est immédiatement apparu que le minimum préconisé par l'OMS était largement insuffisant: en prenant par exemple le cas du diabète, les 600 MET minutes par semaine ne permettent de réduire le risque que d'à peine 2%.

En revanche, lorsqu'on confronte des niveaux d'exercice physique plus importants aux risques relatifs, les gains sont spectaculaires. Pour établir ces bénéfices relatifs (par rapport à ceux qui ne vont pas au-delà de la norme OMS et qui sont qualifiés d'insuffisamment actifs), les auteurs ont sélectionné trois fourchettes d'activité hebdomadaire: de 600 à 3999 MET minutes (activité considérée comme faible), de 4000 à 7999 (activité modérée), et plus de 8000 MET minutes (activité élevée).

Pour le cancer du sein, les gains sont respectivement de 3%, 6%, et 14%. Pour le cancer du côlon, le bénéfice est déjà plus important puisque la réduction du risque est respectivement de 10%, 17%, et 21%. Pour les maladies cardiovasculaires ischémiques, on atteint 16%, 19%, et 15%, alors que pour la réduction du risque relatif d'être touché par un AVC les chiffres sont de 16%, 19%, et 26%. Enfin, la palme revient au bénéfice qu'apporte l'activité physique face au diabète, puisque les gains sont alors respectivement de 14%, 25%, et 28%.

Ce travail montre toutefois que le gain maximal pour un effort donné correspond à une activité physique d'environ 4000 MET minutes par semaine, alors qu'un exercice beaucoup plus intense (par exemple de 9000 MET à 12 000 MET) ne fait gagner qu'une fraction de pour-cent supplémentaire, comme si l'on atteignait peu à peu un plateau dans les réductions de risque relatif.

Cette étude, qui pour la première fois chiffre les gains d'un exercice physique soutenu face à ces cinq maladies chroniques, va sans doute contribuer encore plus aux efforts de prévention entrepris actuellement, et faire peut-être bouger les gens davantage. «Cela serait d'autant plus souhaitable –soulignent les auteurs de l'article –que la population ne cesse de vieillir, ce qui s'est déjà traduit par une augmentation substantielle, depuis 1990, du nombre de décès dus au diabète et aux maladies cardiovasculaires».

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Référence

«Physical activity and risk of breast cancer, colon cancer, diabetes, ischemic heart disease, and ischemic stroke events: systematic review and dose-response meta-analysis for the Global Burden of Diseases Study 2013», Hmwe H. Kyu et. al., in BMJ 2016;354:i3857

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