Déficit de l’attention: Le coaching parental à la rescousse des familles

Dernière mise à jour 31/05/12 | Top conseils
Une famille à la montagne
Il n’y a pas que les médicaments et la psychothérapie classique pour soulager les enfants en proie au déficit d’attention (avec ou sans hyperactivité). Grâce au coaching parental, les enfants et leurs familles trouvent de nouvelles ressources pour faire face.

«Les mères et les pères d’enfants en déficit d’attention (avec ou sans hyperactivité) (TDA/H) arrivent très souvent vers moi épuisés, fâchés et déprimés. En complément à d’autres types de prise en charge, le coaching peut se révéler un nouveau souffle pour ces familles en détresse», constate le Dr Christian Müller, pédopsychiatre, spécialiste en coaching et co-auteur de «Les enfants difficiles : sortir de l’impasse.»*

Le coaching parental (ou child coaching) est une approche active et dirigée, basée sur les techniques cognitive et comportementale. Si elle est particulièrement adaptée au TDA/H, elle n’est pas spécifique à ce problème et peut s’adresser à tous les parents d’enfants difficiles. Au cours de séances de groupe, animée par un coach (un spécialiste formé dans ces techniques, soit un pédopsychiatre, un éducateur ou un psychologue par exemple), les parents apprennent comment créer un cadre propice à des expériences constructives pour leur enfant. La création d’un nouveau contexte lui permet de modifier ses comportements, de se faire plus apprécier et de renforcer ainsi sa confiance et son estime de soi. «Un enfant souffrant d’un tel handicap ne peut pas mieux faire ni mieux s’organiser si on le met davantage sous pression», souligne le Dr Müller. Sous l’impulsion de ses parents, armés de nouveaux outils, il pourra alors améliorer ses compétences affectives, relationnelles et sociales et surmonter progressivement les difficultés liées à son handicap. Apprendre à gérer ses émotions, supporter la frustration, établir des projets, s’intéresser, écouter, dire non sans rompre tout lien, se faire des amis, coopérer, négocier, prendre des décisions en commun, faire preuve de tolérance, s’adapter, etc. sont autant d’objectifs visés par le coaching.

«Le parent est invité à réinventer son style éducatif, sans pour autant tomber dans le laxisme, explique le Dr Müller. Il faut qu’il devienne partenaire de son enfant, qu’il cesse de s’en méfier et adopte un regard positif sur lui. Généralement, l’amélioration du climat familial apporte rapidement de bons résultats, grâce notamment à la plus grande reconnaissance et la plus grande autonomie qui sont accordées au jeune en souffrance», conclut le spécialiste.

Le coaching offre aux parents des ressources pour aborder leur enfant différemment. Pour pouvoir mettre en pratique ces outils en famille, autrement dit pour pouvoir coacher leur enfant, les parents doivent d’abord être initiés par un spécialiste en coaching. Décryptage de cinq principes clés, issus de cette méthode spécifique, qui s’apprend étape par étape.

  • Savoir reconnaître qu’une spirale négative s’est installée dans les relations avec l’enfant. Il arrive souvent que les enfants en déficit d’attention, à la longue, polarisent une attention négative sur eux. Ils répètent des comportements contre-productifs, sans que les punitions ou les remarques n’y changent quelque chose. C’est essentiel de mettre le doigt sur une situation qui tourne en rond pour éviter de voir le symptôme s’aggraver ou se maintenir.
  • Avoir l’humilité d’admettre que la situation n’est plus gérable et mettre fin à cette spirale. C’est à l’adulte d’endosser cette responsabilité. En initiant le changement, l’enfant commencera à se comporter différemment.
  • Se ménager soi-même pourrestaurer une relation donnant-donnant avecson enfant et favoriser son autonomie. Se faire plaisir et avoir une bonne qualité de vie peut être d’un bon secours pour ne pas tomber dans l’épuisement, la colère perpétuelle et le découragement causées par le trouble de l’enfant. Aussi, la mise en place d’un coaching avec l’enfant permet à ce dernier d’acquérir les ressources nécessaires pour surmonter ses problèmes et s’épanouir de ses propres moyens.
  • Être reconnaissant des comportements constructifs de l’enfant. Malgré les problèmes rencontrés, il est très important de souligner ce qu’il fait de positif et de lui faire des compliments. Cela n’empêche pas d'être exigeant avec lui et de le responsabiliser. Un bon coach veut que l’enfant donne le meilleur de lui-même!
  • Savoir communiquer avec son enfant. S’intéresser à lui, être à l’écoute, tolérant, ouvert vers la vie. Adopter une vision et un langage qui parlent aux jeunes pour une meilleure compréhension.

Pour tout renseignement sur les offres de coaching, contacter l’Association Suisse Romande de Parents d’Enfants avec Déficit d’Attention, avec ou sans Hyperactivité (ASPEDAH), sur internet via le site www.aspedah.ch ou par téléphone au 021 703 24 20.

Référence

* Messmer Sarah, Müller Christian, «Les enfants difficiles: sortir de l’impasse», manuel pratique de Child coaching, Dangles Editions.

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