Les addictions des temps modernes

Dernière mise à jour 06/06/14 | Article
Les addictions des temps modernes
Comme beaucoup de domaines de la médecine, la psychiatrie s’adapte à son temps, et évolue au rythme de la recherche et de la technologie. Où en est-on dans la compréhension du problème des addictions?

De bonnes raisons pour consommer des drogues?

De tout temps, on consomme (à tort) certaines substances pour tenter de lutter contre certains troubles psychiatriques. L’alcool est connu pour sa capacité à diminuer l’anxiété (anxiolytique), la cocaïne pour son action contre les symptômes dépressifs. Les observations récentes ont mis en évidence des nouveautés concernant le trouble d’hyperactivité (THADA). En effet, les personnes souffrant de cette maladie semblent trouver un apaisement en consommant de la cocaïne et/ou du cannabis.

Les effets du cannabis et son rôle dans la schizophrénie

Le cannabis et son rôle dans la schizophrénie font également l’objet de recherches. Jusqu’à présent, le cannabis était connu comme facteur déclenchant de psychoses, dont la schizophrénie. Sans provoquer la maladie, il pourrait la déclencher chez les personnes ayant un risque de développer une schizophrénie.

Les composants du cannabis ont été plus largement étudiés au cours des dernières années. Les découvertes récentes mettent en évidence deux substances contenues dans le cannabis: le tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD). Le THC semble avoir un effet «psychotisant», proche de la psychose. Le CBD pourrait quant à lui avoir l’effet d’un neuroleptique (médicament utilisé dans le traitement des psychoses). Ce nouvel éclairage pourrait alimenter le vaste débat sur les liens entre cannabis et schizophrénie: les plantes contiendraient une substance pouvant déclencher la maladie mais également des vertus antipsychotiques qui pourraient en soulager les symptômes.

Traitement des addictions: de nouvelles méthodes virtuelles

Les offres de traitement sur internet ont d’abord été développées pour lutter contre le tabagisme, mais elles s’ouvrent aux autres addictions comme l’alcool, le cannabis, la cocaïne ou les jeux en ligne.

Les méthodes sont nombreuses et peuvent prendre la forme de traitements automatisés, avec ou sans personnalisation. Certains suivis comprennent également des interactions avec un thérapeute (e-mails, chats, discussions de groupe, contacts téléphoniques, visioconférences, etc.). Les résultats sont variables mais il semblerait que la personnalisation, l’intensité du traitement et les interactions avec un thérapeute en augmentent l’efficacité. Le fait de vivre seul ou d’être peu sensible aux interactions sociales diminuerait les chances de réussite.

Finalement, le développement des applications pour smartphone promet de nouvelles perspectives intéressantes.

Référence

Adapté de «Addictions», Pr J. Besson, Drs J-P. Falcheri, J. Grivel et A. Rougemont-Bucking, A. Tomei responsable de recherche, Service de psychiatrie communautaire, CHUV, Lausanne. Ainsi que Dr Y. Khazaal, Département de santé mentale et psychiatrie, HUG, Genève. In Revue médicale suisse 2014;10:13-7, en collaboration avec les auteurs.

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