Obèse et impuissant, pas une fatalité

Dernière mise à jour 13/02/13 | Article
Obèse et impuissant, pas une fatalité
Chez l'homme, l'obésité et la satisfaction sexuelle ne font pas bon ménage, tant pour des raisons psychologiques que corporelles. Mais des traitements existent.

Sans cesse, l'épidémie d'obésité gagne du terrain. On estime ainsi aujourd'hui qu’un tiers des Etasuniens est obèse et deux tiers en surpoids. Chez les hommes, cela ne va pas sans conséquence, notamment du point de vue sexuel. On a ainsi récemment démontré que l'impuissance peut être liée à l'obésité masculine. Heureusement, ce trouble peut se traiter.

D'où vient l'impuissance?

Chez l'homme, on sépare les troubles sexuels en quatre grandes catégories: troubles de l'érection, trouble du désir sexuel, trouble de l'éjaculation et de l'orgasme. L'obésité peut avoir un impact sur les deux premiers d'entre eux. De manière générale, le désir sexuel est un phénomène neuropsychologique complexe qu’influencent de très nombreux paramètres: santé générale, bien-être émotionnel, hormones, niveau d'énergie et normes sociales. L'image que l’on a de son propre corps et le souvenir d’expériences sexuelles positives jouent également un rôle important.

Mais quel lien avec l'obésité?

Etre obèse a un impact sur l'érection, pour des raisons physiologiques et psychologiques. Des études chez l’animal ont montré que l'obésité diminue la capacité de relaxation des corps caverneux, les deux parties du pénis qui se gorgent de sang pour aboutir à l'érection. De même, on observe une plus grande sensibilité au stress, ce qui rend plus difficile l'accroissement des corps caverneux. On a aussi montré que l'obésité augmente le risque de dysfonction érectile d'origine vasculaire.

Les hormones jouent aussi leur rôle: chez l'homme, l'obésité a pour conséquence la diminution de la production de la testostérone dans le sang. Or il existe un lien entre testostérone abaissée et diminution du désir sexuel.

Quant aux maladies liées à l'obésité, elles sont aussi en cause. Six hommes sur dix atteints d'hypertension se plaignent ainsi de dysfonction érectile à divers degrés, une personne obèse sur quatre souffrant d’hypertension. De même, le diabète sucré diminue la production par le corps de monoxyde d'azote, un neurotransmetteur impliqué dans le mécanisme de l'érection.

Enfin, sur le plan psychologique, l'image du corps modifiée par l'obésité peut éroder la confiance dans les performances sexuelles, de même que la diminution des capacités physiques qui accompagne l'obésité et la diminution de la taille fonctionnelle de la verge en raison du coussin graisseux pubien.

Comment y remédier?

Le traitement de choix contre cette impuissance associe perte de poids, activité physique et médicaments.

Pour le premier point, une étude a montré sur 110 hommes une amélioration significative de la fonction érectile chez 30% des patients obèses après deux ans de régime et d’augmentation de l’activité physique.

Pour ce qui est des médicaments, on traite la dysfonction érectile avec trois substances du type Viagra dont l’efficacité a été très bien démontrée. Toutefois, avant de la prescrire, une évaluation du système cardiovasculaire peut être nécessaire chez des patients présentant des risques élevés de maladie cardiaque. Dans ces cas, on pourra prescrire des injections de prostaglandine, ou éventuellement une combinaison de vasodilatateurs en injection.

On a vu enfin que les hommes obèses connaissent fréquemment un déficit de testostérone. Néanmoins, si des experts et des études plaident pour un traitement de substitution en testostérone, cette pratique n’est pas encore généralement adoptée.

Référence

Adapté de «Troubles sexuels masculins et obésité», Drs Ilaria Lucca et Laurent Vaucher, Pr François Pralong, Service d’endocrinologie, diabétologie et métabolisme, CHUV, Dr Darius A. Paduch, Department of urology and reproductive medicine, Weill Cornell Medical College, in Revue médicale suisse 2012;8:2327-30, en collaboration avec les auteurs.

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