Fruits et légumes feraient barrage à l’asthme

Dernière mise à jour 29/04/14 | Article
Fruits et légumes feraient barrage à l’asthme
Des recherches suisses montrent un lien entre la quantité de fibres dans l’alimentation et des réactions allergiques.

Cinq fruits et légumes par jour, c’est bon pour la santé. Notamment pour prévenir le cancer et les maladies cardiaques. Mais sait-on que cela pourrait aussi diminuer l’asthme? C’est la conclusion que l’on peut tirer d’une étude menée par l’équipe du Pr Benjamin Marsland du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), publiée en janvier dans la revue Nature Medicine.

Dans cette recherche, les scientifiques ont nourri des souris avec des régimes comprenant différentes proportions de fibres alimentaires. Ils ont ensuite exposé ces souris à de la poussière d’acariens. Résultat: la réaction allergique était atténuée dans le cas d’un régime riche en fibres et accrue si le régime était pauvre en fibres.

A la base de l’expérience, une intuition, explique le professeur Marsland: «Le nombre de personnes allergiques augmente depuis des décennies, un changement trop rapide pour être d’origine génétique. Pour l’expliquer, on peut regarder du côté du mode de vie des gens. Or, un changement important dans ce domaine est que l’on consomme de moins en moins de fibres. Peut-être y a-t-il donc un lien entre consommation de fibres et réaction allergique.»

Une cascade d’événements

Le mécanisme en jeu est toutefois élaboré. D’abord, une plus haute teneur en fibres dans l’alimentation influe sur les bactéries qui vivent dans notre estomac. Certaines d’entre elles sont favorisées par la présence de fibres: leur nombre augmente et avec lui la production d’acides gras dits «volatils». A leur tour, ceux-ci circulent dans le corps.

Circulant dans le corps, ces acides gras arrivent dans la moelle osseuse. Ils stimulent la production d’éléments de réponse du corps à la substance allergène. Ces composés sont produits en plus grand nombre qu’habituellement… mais ils sont d’un type particulier: ils ne s’activent pas dans le poumon au contact de la substance allergène, ce qui explique pourquoi la réponse immunitaire habituellement anormalement élevée en cas d’asthme est moins importante lorsqu’on mange certaines fibres (voir encadré).

Espoir dans d’autres domaines

Ce résultat obtenu sur des souris est-il pour autant applicable à l’humain? Oui, pour deux raisons, selon le professeur Marsland. «D’une part, nous savons qu’un régime riche en fibres produit aussi ces acides gras volatils chez l’homme. De l’autre, l’asthme allergique fonctionne de manière similaire chez la souris et l’être humain.»

Par ailleurs, la cascade d’événements qui conduit à cet effet est porteuse d’espoir dans d’autres domaines, selon le biologiste. «L’influence des acides gras volatils sur l’hématopoïèse (la production du sang dans la moelle osseuse) est une surprise qui pourrait avoir des implications positives pour de nombreuses autres maladies.»

Pas n’importe quelles fibres

Les fibres alimentaires favorisent notre transit intestinal et sont indispensables à une alimentation équilibrée. Il en existe deux types: les fibres insolubles que l’on trouve surtout dans les céréales, et les fibres solubles que l’on trouve, par exemple, dans la peau des agrumes, dans l’ail, dans certains oignons ou encore dans la chicorée. Ce sont ces dernières, les fibres solubles, qui montrent un effet positif sur l’asthme.

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